Avec vous chère Jeannine Guérin, le monde de la naissance et de la renaissance. L’émerveillement et, osons le dire, les mondes de l’animiste consciente et responsable. Le regard et la voix de celle qui entretient un dialogue d’esprit à esprit avec les choses quotidiennes comme avec l’univers.

 Pas tout ça de s’émerveiller. Pas tout de recevoir passivement le choc de la nature inouïe et toujours tentée elle, par le pouvoir de l’antériorité. Il s’agit aussi bien de répondre et d’en répondre. D’égale à égale. Il s’agit donc bien d’un… agissement réciproque. L’« agir » donc du monde humain de la parole, du dialogue de voix à voix avec le divin univers, avec l’instant sacré de l’humble chose et de l’émotion qu’elle féconde.

 Et voici maintenant cet écho de la nuit ! Chrysalide de tous les possibles, la nuit génitrice en effet d’elle-même autant que du jour. Rêve non seulement de papillon mais d’envols fantastiques, libres, imprévisibles. Chrysalide. Attente sombre dans le pharamineux silence des étoiles. Patience au travail du devenir. Ontogenèse persévérante des ailes dans les usines secrètes du vouloir. Vouloir d’espace, vouloir de temps. Poème donc. Votre poème, le vôtre – rivière généreuse. Chant ininterrompu jusqu’à la rupture de l’écorce, jusqu’à la naissance enfin du papillon – de la superbe et nécessaire vanesse, séchant au soleil ses voiles et tremblant à l’arrimage des joyaux.

 Je le lis ce poème d’un tenant, d’une voix qui garantit l’unité dans le devenir constant. Je le relirai encore. Souvent. Merci.

 Michel Pourtois